Drogues douces : Internet, nouveau supermarché.

Publié le par CAMPIONE

Drogues douces : Internet, nouveau supermarché.

 

Utilisant un vide juridique, de plus en plus de sites Internet proposent d’acheter des graines de cannabis ou des herbes exotiques aux effets hallucinogènes. Révélations sur ce nouveau commerce, qui inquiète les autorités françaises. Internet est-il en train de devenir un dealer légal ? De plus en plus de consommateurs de drogues douces s’approvisionnent directement sur la Toile, ou font pousser, chez eux, des graines de cannabis achetées sur le Net, en disant qu’ils le font pour éviter de se confronter aux revendeurs du coin de la rue. Mais derrière cette apparente légalité, ce nouveau commerce n’est pas sans risque, car « l’offre » n’est pas toujours transparente, loin s’en fautLe phénomène le plus à la mode est le site Biosmoke, qui voit son audience exploser. « On est de plus en plus nombreux à en parler entre nous. Ce n’est pas vraiment du cannabis, ce sont des mélanges d’herbes légales. En plus, ça arrive discrètement par la poste, c’est pratique », indique ce cadre que nous avons rencontré. Biosmoke dit sur son site « respecter la légalité » et ne pas commercialiser de produits interdits.

Formellement, il n’y a pas de substance active THC marqueur du cannabis dans son produit vedette, le « Gorilla », selon l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé dont nous avons eu connaissance. Mais dans ce cocktail d’herbes exotiques, venues d’Amérique latine, on trouve aussi de la Salvia divinorum ou « sauge divinatoire », qui peut avoir des effets hallucinogènes, comme le LSD.

Biosmoke n’est pas le seul vendeur dans ce supermarché des drogues douces qu’est Internet. Le site Azarius propose, lui aussi, des « packs débutant ou master » pour la Salvia divinorum mais également des champignons hallucinogènes. Et tout une gamme de graines de cannabis, pour tous les prix, avec des conseils en matière de lampe, d’irrigation, pour les faire pousser chez soi. L’essor de ce commerce repose, en fait, sur une faille de la réglementation, qui autorise 21 variétés de graines de cannabis utilisées dans l’agriculture sans interdire formellement les autres, qui donnent les plants de cannabis. C’est pourquoi Etienne Apaire, président de la Mission de lutte contre la drogue et la toxicomanie, veut faire évoluer la législation dans le cadre du plan gouvernemental 2008-2011 (lire page suivante). Car, en ce moment, ce flou juridique sur la vente de graines entraîne aussi une préoccupante explosion de l’autoproduction de cannabis, qui a atteint, selon une étude de la Mildt à paraître prochainement, 50 tonnes en France en 2007.

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