Marie Sophie, 30 ans espionne pour la DGSE.

Publié le par CAMPIONE

Marie Sophie, 30 ans espionne pour la DGSE.

 

 Ils sont 4479 en France, moyenne d’âge 41 ans, à travailler pour « la boîte », comme ils appellent la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Qui sont-ils ? Comment sont-ils recrutés ? Pourquoi ont-ils choisi cette carrière ? Combien gagnent-ils ? Est-ce qu’ils ont des vies de James Bond ? Enquête.

Pour les visiteurs, les portables restent au vestiaire. Au 141, boulevard Mortier, Paris XXe, siège de la DGSE, la garde est assurée par des gendarmes, pas par de simples vigiles. Les photos sont interdites (celles qui accompagnent cet article nous ont été fournies par le service... et n'ont pas grand chose à voir avec ce que nous avons pu observer lors de notre visite).

Le décor fait très années 70, en dehors d'un tout nouveau passage souterrain qui permet de relier les deux parties du complexe sans avoir à traverser le boulevard. On a pu rencontrer quelques employés de « la boîte » et un représentant des ressources humaines. (On ne dit pas « la piscine », mais « la boîte » ou « le service ». « La centrale » est un peu daté. En tout cas, « ça évite de dire DGSE à tous les coins de rue ».)

Comment entre t-on à la DGSE ?

On entre à la DGSE par deux voies :  une filière intégrée pour les militaires (qui forment un tiers des effectifs) et des concours pour les autres.

Chez les militaires, le Sdece (l'ancêtre de la DGSE, jusqu'en 1982) eu longtemps la réputation d’une voie de garage, celle des barbouzes et des coups fourrés. Ces vingt dernières années, le niveau des militaires a monté. « Sociologiquement, les deux populations se sont rapprochées », souligne le représentant de la DRH.

Une fois dans la maison, impossible de distinguer civils et militaires :  les galonnés travaillent sans uniforme et on ne s’appelle pas par son grade.

Côté civils, on peut arriver à la DGSE avec toutes sortes de formations puisque la DGSE compte toutes sortes de corps de métiers :  garagistes, menuisiers, maîtres d’hôtel… Mais imaginons que vous souhaitiez être analyste.

Marie-Sophie, 30 ans et déjà cinq ans de « boîte », raconte comment elle s’est présentée. Parcours rectiligne pour cette spécialiste en prolifération nucléaire :  Sciences Po, droit, un peu de Langues' O, plusieurs langues vivantes. Entre les concours de l'ENA et des instituts régionaux d'administration, elle passe aussi celui d'attaché de défense, sans vraiment savoir ce qu'il y a derrière.

 Le ratio de sélection du concours d’analyste est sévère :  40 candidats pour un poste. Après les épreuves théoriques, une journée entière de tests psy, plus un entretien et enfin, une longue enquête de moralité, afin d'obtenir l'habilitation secret défense. Cette procédure, qui permet « l'identification des vulnérabilités potentielles », inquiétait Marie-Sophie :

« Je pensais que je ne serais jamais prise :  j'ai des origines étrangères de partout, j'ai fait des études dans trois pays étrangers. Finalement, ça a marché. »

Les recruteurs de la DGSE font aussi le tour des écoles d’ingénieur avec quelques spécialités en vue (cryptographie, traitement de signal).

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