Alerte aux algues tueuses.

Publié le par CAMPIONE

Alerte aux algues tueuses.

 

 

Après la mort d'un cheval et le malaise de son cavalier sur une plage des Côtes-d'Armor, des associations exigent des mesures contre la prolifération de ces végétaux qui, en pourrissant, dégagent un gaz nocif.. Après l'agonie foudroyante d'un cheval fin juillet, et le sauvetage in extremis de son cavalier sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans les Côtes-d'Armor, la «laitue de mer» est à nouveau au cœur de la polémique. Sa prolifération abondante, due principalement au rejet de nitrates agricoles, a ravivé depuis le début de l'été les inquiétudes sur ses risques sanitaires. Une manifestation était organisée dimanche à Saint-Michel-en-Grève par plusieurs associations écologistes dont Halte aux marées vertes, Sauvegarde du Trégor ou bien encore Vivarmor. «Sur le littoral breton, 84 communes ont déjà été touchées, du Mont-Saint-Michel à La Baule», affirme André Ollivro, vice-président de l'association Halte aux marées vertes.

Naturellement présentes dans l'environnement, les algues vertes se développent surtout entre mai et octobre, lorsque les eaux du littoral se réchauffent. Elles ne présentent aucun réel danger, excepté pour la biodiversité. Du moins tant qu'elles sont vivantes. Car une fois mortes, elles s'échouent sur les plages. «En se décomposant, elles peuvent émettre des gaz toxiques. Le soufre notamment, très présent dans leur tissu, est dangereux car il produit de l'hydrogène sulfuré, explique Jean-François Sassi, responsable du laboratoire du Centre d'étude et de valorisation des algues (Ceva). Une croûte se forme parfois en surface. Le risque, c'est qu'une poche de gaz, coincée à l'intérieur de l'amas d'algues, soit libérée soudainement.»

Tout dépend ensuite de la quantité de poison libéré. Si le nez détecte l'odeur d'œufs pourrit des algues bien avant que le seuil toxique ne soit atteint, il ne la sent en revanche plus quand la toxicité est à son maximum. «Au moment de l'intoxication, les sens sont comme anesthésiés, précise Jean-François Sassi. C'est probablement ce qui s'est passé pour le cheval.» L'animal, victime d'un malaise fulgurant, présentait tous les signes d'un empoisonnement à l'issue des premières analyses. Des tests toxicologiques sont en cours pour déterminer la cause exacte de son décès. Les inquiétudes sont d'autant plus vives que des cas similaires se sont déjà produits. L'an dernier, deux chiens sont morts brutalement sur une plage bretonne. En 1989, le corps d'un joggeur de 27 ans avait été retrouvé à l'endroit exact où le cheval est décédé fin juillet. La préfecture des Côtes-d'Armor a jugé, vendredi, qu'il n'y avait pas lieu de «prendre des mesures particulières» et en a appelé à «la responsabilité de chacun». À Saint-Michel-en-Grève, des associations ont appelé, hier, à signer des plaintes individuelles contre le préfet des Côtes-d'Armor, accusé de n'avoir pris aucune mesure contre la prolifération des algues vertes. En présence d'une dizaine de maires des communes voisines, elles ont également défendu le maire de la commune, René Ropartz, qui va devoir dépenser 150 000 euros cette année pour le ramassage de ces végétaux indésirables. L'élu, juridiquement responsable de la sécurité du littoral, est en effet en première ligne après le décès du cheval. «C'est un des maires qui fait le plus d'efforts, estime André Ollivro. C'est à l'État de fournir une eau propre aux citoyens.»

Source le Figaro-Science

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