Nos spermatozoïdes cuisent à la poêle à frire !

Publié le par CAMPIONE

Nos spermatozoïdes
cuisent à la

poêle à frire !

 

 Le réseau Environnement-Santé, qui regroupe des ONG, des professionnels de la santé, des scientifiques et des citoyens, a lancé un cri d’alarme mercredi sur l’«acide perfluorooctanoïque» qui rentre dans la composition des composés perfluorés (atomes de carbone et de fluor), une famille de plusieurs centaines de substances. Les poêles anti-adhésives au premier chef, mais aussi les emballages de pop-corn ou de pizza utilisables tels quels au four micro-ondes contiennent du PFOA, une substance qui, ajoutée à d’autres composés perfluorés, provoquerait notamment une baisse de la qualité du sperme. Le PFOA, hydrofuge et oléofuge comme les autres perfluorés, est utilisé pour la fabrication des poêles anti-adhésives. On le trouve aussi dans certains emballages de nourriture, des textiles imperméabilisés, des moquettes traitées anti-taches.

C’est un des perfluorés les plus fréquents avec le PFOS (acide perfluorooctane sulfonique), interdit depuis l’an dernier mais dont la durée de vie dans l’environnement et l’organisme, comme celle du PFOA, est estimée à environ 10 ans. Selon les Centers for disease control and prevention (CDC), on en a trouvé dans le sang de 98% des Américains. Il n’y a pas de données pour la France, mais «nous sommes des Américains comme les autres», a lancé devant la presse André Cicolella, porte-parole du réseau et chercheur en santé environnementale. On le retrouve aussi dans les rivières (3ème composé le plus fréquemment détecté). Selon M. Cicolella, le PFOA est classé par l’Union européenne comme à risque de provoquer pendant la grossesse des effets néfastes pour l’enfant, nocif par inhalation et par ingestion, et créateur possible d’effets irréversibles.

Il serait aussi classé en catégorie C3 pour la cancérogénéicité, où sont rangées les «substances préoccupantes» mais sans preuves suffisantes.

Exposition «négligeable», selon l’Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa)

L’Agence de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) a consacré un avis au PFOA en mars, repris sur son site mardi. Elle y souligne que «sur la base de l’ensemble des données disponibles» l’exposition du consommateur «liée à des conditions réalistes d’utilisation» des poêles anti-adhésives est «600 fois inférieure à la dose journalière tolérable» et que l’exposition par l’eau ou la consommation de poisson est «négligeable».

Le RES a regretté que l’avis de l’Afssa ne prenne pas en compte «les autres sources d’exposition que les poêles téflonées» ainsi que les effets de coexposition avec d’autres composés perfluorés.

Plusieurs études citées par le RES soulignent la nocivité de ce perturbateur endocrinien, surtout ajouté à d’autres.

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