Faut-il rouvrir les maisons closes ?

Publié le par CAMPIONE


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Faut-il rouvrir les maisons closes ?

 

Plusieurs députés de l’UMP ont récemment évoqué l’idée d'autoriser à nouveau les bordels. La loi Sarko (Loi sur la Sécurité Intérieure), qui réprime depuis 2003 l’exercice de la prostitution, va-t-elle enfin être abrogée? Dans une tribune du Monde, Chantal Brunel -députée UMP de Seine et Marne- évoque la possibilité que l’on rouvre à nouveau les maisons closes. Elle vient de publier un livre sur les violences faites aux femmes et propose “que soit mis à l'étude un cadre qui permettrait une réouverture minutieusement contrôlée des maisons closes (protection médicale, judiciaire, financière, cadre juridique…), tout en contrôlant par ailleurs l'achat de services sexuels”. Son avis n’est pas isolé. A sein de l’UMP, deux autres députés examinent favorablement la question des bordels. Nos hommes et femmes politiques continuent de véhiculer les habituels poncifs, d’ignorer les revendications des travailleurs du sexe, et notre existence même en tant que mouvement social. Il faudrait leur rappeler que les travailleurs et travailleuses du sexe s’expriment depuis au moins 1975, époque de l’occupation des églises à Lyon et dans plusieurs villes de France."

Ils devraient savoir que la plupart d’entre nous paient déjà des impôts, que nous sommes souvent les meilleures actrices de prévention, et les mieux placées pour lutter contre la traite des êtres humains encore et toujours confondue avec l’immigration. c’est peut-être la possibilité de travailler en “famille”, avec des ami(e)s, dans le confort et la sécurité. En Suisse, par exemple, de nombreux établissements fonctionnent sans travail forcé, sans violence: chaque prostituée loue sa chambre, payant un forfait au mois qui peut représenter entre 50 et 20% de son revenu, selon qu’il/elle reçoit 2 ou 10 clients par jour. Les prostituées sont déclarées et la police vient régulièrement vérifier qu'elles vont bien.

L’idée de rouvrir les maisons closes n’a donc rien d’innocent et soulève des questions épineuses. Dans une société idéale, il est certain que la prostitution ne devrait pas exister. Mais voilà. Il y a des personnes qui préfèrent se prostituer que travailler dans un supermarché. Il y en a d'autres qui préfèrent fréquenter des prostituées plutôt que de se soumettre au diktat de l’amour conjugal. Il y a aussi des hommes et des femmes qui fantasment sur la prostitution et qui trouvent beaucoup plus excitant/gratifiant de payer ou d’être payé. Ils/elles ne pensent pas que l’argent soit sale. Tout travail mérite salaire, surtout le travail qui touche à l’intime.

Fermeture des Maisons clauses par la loi Marthe Richard du 13 avril 1946 ...

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